Adolphe Feder (Aizik Feder dit)

1885 1943
(Ukraine) 1885 /   (Pologne) 1943

Après avoir participé au mouvement révolutionnaire bundiste, Adolphe Feder, fils de commerçants, part pour Berlin à l’âge de dix-neuf ans, puis pour Genève où il fréquente l’académie des Beaux-Arts. Il rejoint Paris en 1908, étudie à l’académie Julian puis dans l’atelier d’Henri Matisse. Intégré à la vie parisienne, il fréquente La Rotonde et fait la connaissance d’Othon Friesz, de Modigliani et de Jacques Lipchitz.

Feder est un amateur d’art, il collectionne l’art nègre et l’art naïf. Son atelier abonde en sculptures et en peintures chinées aux puces. Sa collection sera confisquée pendant la guerre.

En 1923, il publie ses dessins dans la presse et illustre également plusieurs ouvrages dont ceux de Joseph Kessel et d’Arthur Rimbaud. La même année, il marque la bohème parisienne par la réception qu’il donne en l’honneur du poète russe Vladimir Maïakovski. Avec Michel Larionov et Ossip Zadkine, il est un des membres les plus actifs de la Société des Artistes russes, qui regroupe les artistes de la Ruche.

Amateur de voyages, Adolphe Feder visite le sud de la France. Il découvre ensuite la Bretagne, le Pays basque et va jusqu’en Algérie. En 1926, attiré par l’Orient, il entreprend un voyage en Palestine d’où il rapporte plusieurs toiles et dessins.

Refusant de prendre la fuite avec son ami le sculpteur Jacob Loutchansky, Feder reste à Paris pendant l’Occupation. Il est arrêté le 4 juin 1942 avec sa femme. Après quatre mois d’internement à la prison du Cherche-Midi, il est transféré à Drancy et déporté le 13 février 1943. Convoi n° 48. Assassiné à Auschwitz. Sa femme réussit à fuir en emportant un album de dessins réalisés à Drancy.