Amedeo Modigliani

1884 1920
(Italie) 1884 /   (France) 1920

Amedeo Modigliani, quatrième et dernier enfant d’une famille de juifs séfarades, est né le 12 juillet 1884, à Livourne, en Italie. Cette année-là, l’entreprise des Modigliani (ils exploitaient un commerce de bois et charbon et des mines en Sardaigne) fait faillite. Aussi, en 1886, la mère, Eugénie Garsin, d’origine française, donne des cours particuliers et, avec sa sœur Laura transforme la maison en une véritable école. Emmanuel, l’aîné des enfants deviendra avocat et député socialiste. Marguerita, la seule fille des quatre enfants d’Eugénie et Flaminio, restera célibataire et deviendra la mère adoptive de Jeanne, la fille d’Amedeo et de Jeanne Hébuterne. Quant à Umberto, il sera ingénieur des Mines.

En 1898, Modigliani entre à l’Ecole des Beaux-Arts de Livourne. Il y suit l’enseignement de Guglielmo Micheli. En septembre 1900, il tombe malade, une pleurésie qui se complique en tuberculose. Il passe l’hiver 1902 à Rome, où il fait des copies dans les musées. A Florence, il s’inscrit à l’école libre de nu, suit les cours de Giovanni Fattori et rencontre Manuel Ortiz de Zarate, un artiste chilien qui lui parle sans cesse de Paris. De 1903 à 1906, il poursuit sa formation à l’école libre de nu de l’Institut des Beaux-Arts de Venise.

A la fin de l’année, sa mère lui donne l’argent nécessaire et il arrive à Paris en janvier 1906. Après quelques jours à l’hotel, il s'installe à Montmartre, rue Caulaincourt, près du Bateau-lavoir, il y rencontre Picasso, Derain, Apollinaire, Diego Rivera, Max Jacob et Jacques Lipchitz. Il s’inscrit à l’Académie Colarossi. Cette même année, il expose trois peintures dans la galerie de Laura Wylda, rue des Saint-Père.

En 1907, il change constamment de domicile, rencontre Maurice Utrillo, André Utter et fréquente les cabarets de Montmartre, commence à boire et à fumer du haschisch. En novembre il fait la connaissance du docteur Paul Alexandre qui le soutiendra jusqu’en 1914, en lui achetant régulièrement des toiles.

En 1908, Modigliani expose six toiles au salon des Indépendants, dont La Juive (achetée par Paul Alexandre). A Montmartre, il sculpte des têtes dans des traverses de métro dérobées à la station Barbes-Rochechouart.

Dans le mouvement général, en septembre 1909, il quitte Montmartre pour Montparnasse et s'installe au n° 14 de la cité Falguière. Il s'intéresse à la sculpture et travaille la pierre avec Constantin Brancusi. C’est à cette époque qu’il rencontre Zadkine, Kisling, Foujita et Soutine. Entre 1913 et 1914, il se remet à la peinture.

En 1914, Modigliani et Ortiz de Zarate veulent s’engager mais sont refusés pour des raisons de santé. Modigliani rencontre Béatrice Hastings, journaliste et poétesse anglaise. En 1915, Max Jacob lui présente le marchand et collectionneur Paul Guillaume. Modigliani produit en moyenne une toile tous les six jours et réalise de nombreux portraits. On le voit à la Rotonde, à la cantine de Marie Vassilieff en compagnie de Béatrice Hastings.

Durant l’été 1916, Léopold Zborowski devient son marchand. En 1917, Modigliani travaille chez Zborowski au 3, rue Joseph-Bara et lui cède sa production pour quinze à vingt francs par jours. Cet hiver-là, il réalise sa première série de nus. En mars 1917, il rencontre Jeanne Hébuterne, étudiante à l’Académie Colarossi, elle a 19 ans. Elle devient sa compagne et s’installe avec lui dans un petit atelier que Zborowski leur a trouvé au 8, rue de la Grande-Chaumière.

Le 3 décembre 1917, Zborowski lui organise sa première exposition personnelle à la galerie Berthe Weill, pour la préface du catalogue, Cendrars écrit un poème. Sa santé se dégrade et le couple s’installe à Cagnes-sur-Mer accompagnés de Soutine, Foujita, Léopold Survage, Anders Osterlind, Blaise Cendrars et Paul Guillaume. Jeanne donnera naissance à la petite Jeanne le 29 novembre 1918. En décembre 1918, Paul Guillaume organise une exposition qui rassemble des toiles de Modigliani, Picasso et Matisse. Il peint beaucoup et connait enfin ses premiers succès. En 1919, sa santé s’aggrave mais il refuse de se soigner. Buvant désespérément, il erre de café en café.

La nuit du 24 janvier 1920, il meurt d’une méningite tuberculeuse. Il a trente-cinq ans.

Jeanne, au neuvième mois de sa seconde grossesse, se réfugie chez ses parents. A l’aube du 24 janvier 1920, désespérée, Jeanne se jette dans le vide du cinquième étage. Elle a vingt et un ans.



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