Béla Czobel

1883 1976
(Hongrie) 1883 /   (Hongrie) 1976

Le père de Béla Czobel, marchand de grains originaire de Belus, petite ville à la frontière moravienne, s’installe à Budapest peu de temps avant la naissance de son fils. Le grand-père, peintre décorateur, oriente Béla Czobel vers une carrière artistique qu’il commence dès 1902 dans la colonie de peintres de Nagybánya, en Hongrie. L’année suivante, Czobel étudie à l’académie des Beaux-Arts de Munich, il fait la connaissance de Jules Pascin, Rudolf Lévy et Walter Bondy, qu’il retrouvera plus tard à Montparnasse.

De 1902 à 1906, Czobel passe les étés à Nagybánya, il y rencontre sa future femme, Isolda Daig, élève comme lui d’une école de peinture, qu’il épouse en 1905.

C’est en octobre 1903 que Czobel va pour la première fois à Paris. Il habite l’Hôtel du Danemark à Montparnasse et fréquente les cours de l’académie Julian, alors sous la direction de Jean-Paul Laurens. Il y obtient un premier prix d’étude de nu au concours. Czobel fait la connaissance d’Henri Matisse, prend part au mouvement fauve et expose, aux côtés de Derain, Vlaminck, Braque et Matisse, dans la salle que le Salon d’Automne consacre au fauvisme en 1905.

En 1907, Czobel s’installe cité Falguière. Chaque été il retourne peindre dans la campagne de son pays natal et devient l’ambassadeur de l’avant-garde française en Hongrie. Il se rend notamment à Nyergesujfalu, invité par le peintre Karoly Kernostok. 

En 1909, Czobel participe à la fondation d’un groupe d’avant-garde hongrois nommé « Les Huit » et introduit le fauvisme à Budapest. Il obtient en 1913 le prix de l’Exposition internationale de peinture post-impressionniste de la Maison des Artistes à Budapest.

Pendant la Première Guerre mondiale, Czobel s’installe à Bergen, petit village de Hollande. Entre 1919 et 1925, il vit à Berlin et découvre l’expressionnisme allemand, avant de rejoindre la France en 1925. Jusqu’en 1939, il vit en Normandie et dans le Midi, excepté quelques séjours en Hongrie, notamment en 1936 où il se rend à Szentendre, que fréquentaient déjà bon nombre de peintres dont Maria Modok, sa seconde femme.

Czobel passe les années d’Occupation à Szentendre. En 1945, il s’y établit, partageant son temps entre la France et la Hongrie. Il meurt en 1976. Sa succession a été déposée à Szentendre au musée Czobel, inauguré un an avant sa mort.