Thomas Gleb (Yehouda Chaïm Kalman dit)

1912 1991
(Pologne) 1912 /   (France) 1991

Thomas GLEB (Yehouda Chaïm Kalman, dit)

LODZ (POLOGNE) 1912 – ANGERS (FRANCE) 1991

Thomas Gleb grandit dans une famille d’ouvriers artisans et il suit les cours de la yeshiva. Sous l’influence de son père, tisserand, Thomas Gleb s’intéresse dès son enfance à la Bible. À dix ans, il dessine en cachette et rêve d’être peintre. Il est tour à tour tisserand, graveur de tampons et tailleur. Écoutant les conseils du peintre Aron Haber Beron, il entre dans l’atelier Start, à Lodz, où il dessine des modèles d’après nature et découvre la peinture à l’huile.

 

En 1932, il vient à Paris et se fait appeler Thomas Gleb à la suite d’un article sur la « glèbe » paru à propos de sa peinture. Dès ses débuts Thomas Gleb semble attiré par l’abstraction mais sa peinture reste encore figurative. Il puise son inspiration dans ses souvenirs d’enfance, ses visites du nord de la France, les mines de charbon et la vie ouvrière française. Il s’improvise retoucheur de portraits photographiques tout en continuant à peindre.

 

Il fait la connaissance de sa future femme, Maria, sur les bancs des cours du soir de la rue de Paradis où tout deux apprennent le français. Trois ans plus tard, il exécute costumes et décors pour une troupe de Bruxelles avant de partir pour Amsterdam.

 

En 1939, Gleb s’engage dans l’armée française puis dans la Résistance. En 1944 il est arrêté, emprisonné à Grenoble et Lyon. Il s’évade du train qui l’emmenait en déportation. En Pologne, la famille Kalman périt dans le ghetto de Lodz.

 

Il peint sous divers pseudonymes, dont Raymond Thomas.

 

En 1945, il rentre à Paris. Entre 1950 et 1957, il séjourne en Pologne et visite l’Europe centrale. Jean Cassou, conservateur du musée d’Art moderne de Paris, lui rend visite dans son atelier à Varsovie.

 

 

Thomas Gleb rentre définitivement vivre à Paris en 1957. À partir de 1960, il découvre une nouvelle forme de création : la tapisserie. Ses travaux antérieurs à 1939 demeurent inconnus à ce jour car détruits par les nazis.