Leon Weissberg

1894 1943
 (Галичина) (Pologne) 1894 /   (Pologne) 1943

Léon Weissberg est le deuxième et dernier enfant d'une famille bourgeoise, très pieuse de Prezworsk, en Galicie. Son père, riche propriétaire est un notable de la communauté juive. Bien que destiné à la magistrature, Weissberg semble plus attiré par le dessin et la musique. Son père l'envoie comme pensionnaire dans un lycée  à Vienne, autorise les leçons de violon mais interdit le dessin.

A seize ans, au lendemain de son baccalauréat, Weissberg s'enfuit pour suivre les cours de Kokoschka à l'Ecole d'Arts Graphiques de Vienne. Là, il se retrouve seul et sans argent, étudiant le jour, il joue du violon le soir dans un cabaret et travaille la nuit à la reconstruction de l'opéra de Vienne.

Pendant la Première Guerre mondiale, il est mobilisé dans l'armée autrichienne où il sert comme courrier d'un  général. A Berlin en 1918,  il étudie dans l'atelier d'Alexander Archipenko et accepte différents  travaux : leçons d'allemand, de violon, figuration pour le cinéma et réalisation de portraits sur commande.

Il quitte Berlin pour Munich en 1919, où il fréquente l'Académie des Beaux-Arts. Il voyage à Dresde et étudie les grands maître allemands.

En 1922, il part à pied en Italie selon la tradition estudiantine d'alors, visite les musées et  s'embarque sur un bateau jusqu'en Hollande. Là, il découvre les œuvres de Rembrandt. De retour à Berlin il exécute un portrait de Franz Kafka.

En 1923, Weissberg arrive à Paris, sans bagages et se rend directement à la rotonde c'est là que Menkés fait sa connaissance et l'invite dans sa chambre à " l'hôtel médical". Ils deviennent amis et le resteront. Ensemble ils visitent Le Louvre avec passion. Weissberg s'installe à Montparnasse rue Campagne Première et rencontre aux cafés de la Rotonde et du Dôme les peintres Henri Epstein, Henri Hayden, Mané-Katz, Kikoïne, l'écrivain yiddish Oser Warszawski, Maurice Mendjisky, Dobrinsky ,Soutine, Kremegne et Kikoïne.Leon Weissberg forme avec les galiciens : Menkes, Aberdam et Weingart "Le Groupe des Quatre". Ils ont tous en commun l'âge, leur origine et ont fréquenté l'atelier d'Archipenko à Berlin et une culture cosmopolite, allemande, viennoise et juive polonaise. 

A l'automne 1925, leur première exposition  à lieu au Sacre du Printemps chez Jan Sliwinski.

En 1926, Weissberg fait la connaissance des marchands Zborowski et Wladimir Raykis de la galerie Zak qui lui achètent ses premières toiles.

En 1927 Weissberg épouse la belle  Marie Pragier Ber, qui posera pour nombre de ses tableaux. Ils auront une  fille, Lydie. La famille déménagera souvent dans la banlieue  proche de la porte d'Orléans, jamais loin de Montparnasse. Parmi ses collectionneurs on compte le professeur N. Kiveliovitch , qui est à l'origine de la collection "Artistes juifs" aux éditions "Le Triangle" et le Dr Ber.

En 1933-1934, il voyage dans le sud de la France, à Saint-Paul-de-Vence, rejoindre son ami Mendjisky et sa compagne niçoise Rosette . Il séjourne à l'auberge de la Colombe d'Or, le propriétaire Monsieur Roux se fait payer en tableaux. A cette époque, Weissberg se sépare de sa femme qui deviendra la compagne de Warszawski.

En 1935, il est de retour à Paris, dans l'ancien atelier du Douanier Rousseau que lui cède Menkès avant son départ pour l'Amérique.

En juin 1940, à l'arrivée des forces allemandes, Weissberg part rejoindre sa fille, pensionnaire au collège de Rodez. La préfecture de Rodez, sous l'autorité de Vichy, le place en résidence forcée dans un village de l'Aveyron . Il tombe malade et est envoyé à l'hôpital .

En 1942, il obtient un changement de résidence forcée pour Entraygues-sur-Truyére, où grâce au contrat de Raykis avec la "Benjamin Gallery" de Chicago, il peut résider dans une auberge. Il peint des petits formats en raison de la pénurie de matériaux.
Le 18 février 1943, deux gendarmes viennent l' arrêter. Il est interné aux camps de Gurs, puis de Drancy.  Le 6 mars 1943 il est déporté. Convoi n° 51.

Assassiné à  Maidanek.

Son atelier parisien sera pillé sous l'occupation, ses tableaux dispersés.



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