Marek Szwarc

1892 1958
(Pologne) 1892 /   (France) 1958

Marek Szwarc est issu d’une famille d’intellectuels. Son père, juge au tribunal de Zgierz et chercheur en langues mortes orientales, meurt en 1940, assassiné par les nazis, alors qu’il tente de protéger sa bibliothèque, qui fut brûlée.

Marek suit les cours du heder puis entre au lycée polonais de Lodz. Ses premières œuvres, réalisées à l’âge de quatorze ans, ont disparu pendant la Seconde Guerre mondiale.

En 1910, il arrive à Paris, s’installe à la Ruche et devient l’élève d’Antoine Mercier à l’école des Beaux-Arts. À la Ruche, en contact avec d’autres artistes juifs, il fonde avec Tchaikov et Lichtenstein Makhmadim (Délices), la première revue d’art juif sans texte ni manifeste. Seulement quelques numéros ont été publiés et distribués par les artistes eux-mêmes.

En 1914, de retour en Pologne pour ses vacances, il est arrêté par la guerre puis exempté de service militaire grâce à une lettre d’Antoine Mercier à son ami le tsar de Russie.

En 1919 commence pour Marek Szwarc une nouvelle époque. Il se marie avec Eugenia Markowa et le couple s’installe à Paris. En 1920, sa femme et lui se convertissent au catholicisme. C’est une période difficile dans la vie de l’artiste. Sa conversion choque ses proches, il est banni de sa famille et coupé du monde. C’est un homme mystique qui se considère à la fois juif et proche de la religion chrétienne. L’essentiel de l’œuvre de cette période est dominé par des bas-reliefs où dominent des sujets bibliques et évangéliques. En 1921, il fait la connaissance du commissaire Zamaron qui lui achète ses œuvres. À l’Exposition internationale de 1937, il réalise des bas-reliefs pour le pavillon pontifical.

En 1939 Marek Szwarc s’engage dans l’armée polonaise car la guerre lui donne une raison de se battre contre Hitler. Après trois années dans l’armée, il est expédié par ses supérieurs à Londres pour répondre à une commande du cardinal Hindsley, une plaque d’argent martelée. Londres sera un nouveau tournant dans sa création, très fructueuse. Pendant cette période il travaille exclusivement la sculpture et le cuivre martelé.

En 1945, il revient à Paris avec sa famille et devient citoyen français. Il s’installe dans son atelier du 65, boulevard Arago et y restera jusqu’à sa mort. Une importante collection d’œuvres de Marek Szwarc acquise par Georges Brazzola a été offerte après sa mort au musée d’Art et d’Histoire du judaïsme, à Paris.