Simon Segal

1898 1969
(Pologne) 1898 /   (France) 1969

Issu d’une famille aisée de la bourgeoisie de Bialystok, Simon Segal commence une carrière d’ingénieur en Russie avant de s’intéresser aux arts plastiques. En 1918, délaissant ses études d’ingénieur, il quitte la Russie pour Berlin, y séjourne jusqu’en 1924 et fréquente des écrivains et des artistes groupés autour des poètes Maïakovski et Essenine et de la revue d’avant-garde Spolokhi.

En 1925, Segal s’installe à Paris et s’emploie à tout sauf à la peinture. Il subsiste grâce à divers petits métiers : bibliothécaire, ouvrier chez Citroën et styliste pour Paul Poiret qui lui demande de réaliser une série de poupées.

En 1926, il séjourne à Toulon et redécouvre le plaisir de peindre. Il rencontre Bruno Bassano, militant socialiste exilé par Mussolini et fondateur du Trident (foyer artistique). Segal trouve en Bassano un défenseur fidèle et un marchand.

De retour à Paris en 1933, Segal fréquente les terrasses du Dôme, de La Rotonde, de La Coupole, et en 1935 expose trente gouaches à la galerie Billet-Worms. Le jour même de l’accrochage, l’ensemble est acheté par le collectionneur américain Frank Altschul.

Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, il s’engage. Refusé, il part en zone libre, à Aubusson où il se marie et fait la connaissance de Jean Lurçat. Peu après, il se réfugie dans une ferme et se procure des faux papiers.

La guerre terminée, il se fixe à Jobourg, près du cap de la Hague. De 1946 à 1953, il vit des années heureuses d’un travail ininterrompu et rencontre le mécène Henri Bernardi, dont il devient l’ami. À cette époque, il réalise des cartons pour dix-huit tapisseries fabriquées à Aubusson et aux Gobelins.

En 1953, il rentre à Paris et participe à de nombreuses expositions individuelles. Il illustre la Bible pour les éditions Labergerie en 1956. En 1958, il crée une série de mosaïques exécutées par le Brésilien Antonio Carelli.

À partir des années 60, il s’installe dans un petit atelier à Montmartre. En 1968, il achève d’illustrer L’Apocalypse, éditée par la librairie Kieffer à Paris, et meurt dans la nuit du 2 août 1969. Son ami le Dr Osenat le fait inhumer au cimetière d’Arcachon.