Anton Prinner

1902 1983
(Hongrie) 1902 /   (France) 1983

Le père d’Anna Prinner est chef comptable. Elle a trois frères. Elle s’inscrit aux Beaux-Arts de Budapest en 1920, où on la surnomme « l’Étrange ». En 1926, deux de ses tableaux sont exposés par erreur au musée des Beaux-Arts et obtiennent un certain succès.

Elle quitte la Hongrie, qu’elle ne reverra jamais, et arrive à Paris en 1927. Elle s’appelle alors encore Anna et porte des cheveux longs. En France, elle adopte une identité masculine, se fait appeler Anton, s’habille en homme et fume la pipe. Ayant alors cessé toute activité artistique, elle se consacre à l’étude des sciences occultes, des doctrines ésotériques et des philosophies mystiques.

Elle survit en trouvant divers petits emplois, comme caricaturiste dans les boîtes de nuit avec son ami hongrois, le peintre Árpád Szenes. Dans les années 1930, elle étudie la gravure dans l’atelier de Stanley William Hayter. Elle réalise des bas-reliefs puis des hauts-reliefs et apprend les techniques de la sculpture. Ses deux premières expositions personnelles ont lieu en 1942 chez Jeanne Bucher et en 1945 chez Pierre Loeb. Pendant l’Occupation, elle réalise des dessins à la plume.

Elle cache le peintre Alexandre Heimovits et son enfant dans son atelier. Après la guerre, elle passe du temps au Select en compagnie d’autres artistes, dont le sculpteur Czaky. Elle fréquente également les frères Loeb et Picasso, qui la surnomme « le Petit Pivert » ou « Monsieur Madame ».

En 1946, le peintre et photographe Émile Savitry réalise un reportage à son sujet dans son atelier de la rue Pernety. De 1947 à 1949, elle illustre le Livre des morts des anciens Égyptiens pour l’éditeur J. Godet. Elle réalise également une suite de bas-reliefs sur le même thème. Elle se passionne pour la civilisation égyptienne.

En 1950, Anton Prinner s’établit au Tapis vert, à Vallauris, contre l’avis de ses amis. Elle s’initie à la céramique. Après avoir été exploitée par le propriétaire de l’atelier et pillée par d’autres, Anton Prinner délaisse la sculpture pour la peinture. Dans sa biographie, elle écrit : « Je veux faire des choses qui ne plaisent à personne pour éviter qu’on ne me vole. »