Joseph Constant

1892 1969
(Afrique du Sud) 1892 /   (France) 1969

Joseph Constant naît en 1892 en Palestine, et grandit à Odessa. Dans sa jeunesse, il travaille avec son père qui est ferronnier, avec qui il participera ensuite aux événements révolutionnaires de 1905. En 1912, il s’inscrit aux Beaux-Arts d’Odessa, où il étudie d’abord la peinture. Il est nommé inspecteur des beaux-arts lors de la Révolution Russe de 1917.

En 1919, son père et son frère sont tués lors d’un pogrom. Constant et sa femme fuient alors la Russie et embarquent à bord du Ruslan qui les conduit eux et de nombreux autres artistes en Palestine. A Tel-Aviv, il se lie avec le peintre Alexandre Frenel. Il voyage en Egypte, Turquie et Roumanie, puis arrive à Paris en 1923 où il fait des études d’art.

Au début de sa carrière, Constant peint et est réputé pour ses tableaux animaliers. Il utilise le crayon, le fusain et l’encre, et produit également des huiles et des aquarelles sur toile. Dans les années 1930, il se consacre principalement à la sculpture animalière. Il travaille la terre, la pierre, le bronze mais privilégie le bois. Il visite quotidiennement le Jardin des Plantes où il puise son inspiration. Il appartient à un groupe d’artistes israéliens appelé les « Animalistes ». 

A Paris, il développe une seconde carrière en tant qu’écrivain et écrit plusieurs ouvrages en français sous le surnom Michel Matveev. Son livre le plus connu, Les Traques, publié en 1933, est une histoire tragique décrivant le voyage de Juifs en quête d’un refuge à travers l’Europe. En 1936, il obtient le prix des Deux Magots pour son livre Etrange Famille. Il écrit aussi sur la vie des artistes juifs russes à Montparnasse dans son ouvrage La Cité des Peintres, paru en 1947.

Joseph Constant et son ami le peintre Alexandre Frenel sont reconnus comme les artistes de l’Ecole de Paris qui introduisirent le réalisme et l’impressionnisme français en Israël. Ils sont les premiers à rejeter l’hégémonie de l’école d’art Bezalel de Jérusalem. Constant et Frenel sont aussi réputés pour leur vie de bohème qui se démarquait des idéaux et de la réalité de la société pionnière qui les entouraient.

Dans les années 1950, il voyage régulièrement en Israël. Il passe son temps entre son atelier à Montparnasse et celui en Israël (à Tel Aviv, puis à Ramat Gan). Son atelier à Ramat Gan est devenu une galerie de sculptures.