Jacques Lipchitz

1891 1973
(Lituanie) 1891 /   (Italie) 1973

Jacques Lipchitz naît dans une famille franco-américaine. Son père est entrepreneur en bâtiment. Influencé par ce dernier, il commence des études d’ingénieur. Cependant, encouragé par sa mère, il part développer son talent artistique en France.

En 1909, il arrive à Paris et se fait appeler Jacques. Il emménage à la Ruche. Il étudie aux Beaux-Arts et à l’académie Julian, et prend des cours de dessin à l’académie Colarossi. Il visite les musées, se lie d’amitié avec Archipenko, Picasso, Gris et d’autres cubistes. En 1912, ses œuvres sont exposées au Salon national des beaux-arts puis au Salon d’automne. En 1913, il réalise ses premières sculptures cubistes. Son ami Modigliani peint un portrait de lui et de sa femme, Berthe Kitrosser, exposé aujourd’hui à l’Art Institute de Chicago.

En 1920, une première exposition personnelle a lieu à la galerie Léonce Rosenberg et Maurice Raynal publie la première monographie sur Lipchitz. Soutenu par ses amis, le sculpteur rompt son contrat qui le lie à Rosenberg et rachète ses œuvres. Il réalise un portrait de Gertrude Stein.

Entre 1915 et 1925, Lipchitz travaille sur des sculptures cubistes en pierre. Le célèbre docteur Barnes – le collectionneur qui a découvert Soutine – lui achète de nombreuses œuvres. C’est en 1924 qu’il obtient la nationalité française. En 1925, il s’installe à Boulogne-sur-Seine dans une maison qu’il a fait construire par Le Corbusier sur un terrain acheté en commun avec le sculpteur Oscar Miestchaninoff.

En 1927, dans l’ouvrage de Roger Vitrac sur Jacques Lipchitz paru aux éditions Gallimard, on peut lire ces réflexions du sculpteur sur l’art : « En guise de pensée sur l’art, je ferai plutôt une confidence. Une chose a obscurci à mes débuts ma joie d’œuvrer : une opinion. Et c’est celle fameuse, de Léonard de Vinci, sur les sculpteurs et la sculpture. Vous la connaissez, n’est-ce pas ? Elle m’a montré avec évidence l’esclavage dans lequel nous tient la matière, l’impossibilité pour nos mains de suivre les palpitations de notre cœur et la course folle de notre imagination. J’étais triste jusqu’au jour où la Providence m’a inspiré ces choses “aériennes, transparentes, qui puissent se voir et nous émouvoir de tous les côtés à la fois”. Je plane avec ce plus lourd que l’air qui est la sculpture. Puisse l’ombre de Léonard modifier son jugement. »

En 1928-1929, apprenant la mort de son père et de sa sœur,  Lipchitz  produit  Le Couple, qu’il renommera plus tard Le Cri. En 1930, Jeanne Bucher organise la première rétrospective de son œuvre, à la galerie de la Renaissance, à Paris. Cinq ans plus tard, une exposition importante a lieu à la Brummer Gallery, à New York.

En 1937, lors de l’Exposition internationale à Paris, il reçoit la médaille d’or pour sa sculpture de Prométhée.

Lorsque les nazis occupent Paris en 1940, Lipchitz s’enfuit aux États-Unis grâce à l’aide de Varian Fry : ce dernier sauvera de nombreux artistes lors de la Deuxième Guerre mondiale, mais seul Lipchitz entretiendra tout au long de sa vie une correspondance avec lui. À New York, la Buchholz Gallery, qui deviendra la Curt Valentin Gallery, expose ses œuvres. L’artiste s’installe à Hastings-on-Hudson, dans l’État de New York, tandis que Berthe Kitrosser décide de rester à Paris. Ils divorcent.

À partir des années 1950, de nombreuses expositions sont organisées en l’honneur de Lipchitz. En 1954, une rétrospective a lieu au musée d’Art moderne de New York. Il reçoit aussi des commandes en Israël et aux États-Unis – tel Paix sur la Terre, une sculpture de près de 15 mètres de hauteur dévoilée à Los Angeles en 1969.

En 1963, il retourne en Europe et travaille chaque année quelques mois en Italie. Il est enterré à Jérusalem. Sa seconde femme, Yulla Halberstadt, sculptrice, achève la sculpture colossale Notre arbre de vie, dont il a reçu la commande, et l’installe sur la plus haute colline de Jérusalem.



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