Jacob MILKIN
janvier 3, 2019
Simon MONDZAIN
janvier 3, 2019

Amedeo MODIGLIANI

LIVORNO (ITALY) 1884 – PARIS 1920

Amedeo Modigliani, quatrième et dernier enfant d’une famille de Juifs sépharades, est né le 12 juillet 1884 à Livourne, en Italie. Cette année-là, l’entreprise des Modigliani (ils exploitaient un commerce de bois et charbon et des mines en Sardaigne) fait faillite. Aussi, en 1886, la mère, Eugénie Garsin, d’origine française, donne des cours particuliers et, avec sa soeur Laura, transforme la maison en une véritable école. Emmanuele, l’aîné des enfants, deviendra avocat et député socialiste. Margherita, la seule fille, restera célibataire et deviendra la mère adoptive de Jeanne Modigliani, la fille d’Amedeo Modigliani et de Jeanne Hébuterne. Quant à Umberto, il sera ingénieur des Mines.

En 1898, Modigliani entre aux Beaux-Arts de Livourne. Il y suit l’enseignement de Guglielmo Micheli. En septembre 1900, il contracte une pleurésie qui se complique en tuberculose. Il passe l’hiver 1902 à Rome, où il fait des copies dans les musées. À Florence, il s’inscrit à l’école libre de nu, suit les cours de Giovanni Fattori et rencontre Manuel Ortiz de Zarate, un artiste chilien qui lui parle sans cesse de Paris. De 1903 à 1906, il poursuit sa formation à l’école libre de nu de l’Institut des beaux-arts de Venise. Sa mère lui ayant donné l’argent nécessaire, Modigliani arrive à Paris en janvier 1906. Après quelques jours à l’hôtel, il s’installe à Montmartre, rue Caulaincourt, près du Bateau-Lavoir. Il y rencontre Picasso, Derain, Apollinaire, Diego Rivera, Max Jacob et Jacques Lipchitz. Il s’inscrit à l’académie Colarossi. Cette même année, il expose trois peintures à la galerie de Laura Wylda, rue des Saints-Pères.

En 1907, il change constamment de domicile, rencontre Maurice Utrillo, André Utter, fréquente les cabarets de Montmartre, commence à boire et à fumer du haschisch. En novembre, il fait la connaissance du Dr Paul Alexandre qui le soutiendra jusqu’en 1914 en lui achetant régulièrement des toiles. En 1908, Modigliani expose cinq oeuvres au Salon des indépendants, dont La Juive (achetée par Paul Alexandre). À Montmartre, il sculpte des têtes dans des traverses de métro dérobées à la station Barbès-Rochechouart. Dans le mouvement général, en septembre 1909 il quitte Montmartre pour Montparnasse et s’installe au no 14 de la cité Falguière. Il s’intéresse à la sculpture et Constantin Brancusi, son voisin dans la cité, l’encourage. C’est à cette époque qu’il rencontre Zadkine, Kisling, Foujita. En 1913, il se remet à la peinture.

En 1914, Modigliani et Ortiz de Zarate veulent s’engager, mais ils sont refusés pour raisons de santé. Modigliani rencontre Béatrice Hastings, journaliste et poétesse anglaise. C’est en cette même année 1914 que Max Jacob lui présente le marchand et collectionneur Paul Guillaume. Modigliani produit en moyenne une toile tous les six jours (?) et réalise de nombreux portraits. On le croise à La Rotonde ou à la cantine de Marie Vassilieff en compagnie de Béatrice Hastings. Il fait la connaissance de Soutine, en qui il verra un génie de la peinture. Une amitié puissante liera les deux artistes. Durant l’été 1916, Léopold Zborowski devient son marchand et, très vite, son ami. En 1917, Modigliani travaille chez Zborowski « qui met à sa disposition la pièce la plus vaste de son appartement » au 3, rue Joseph-Bara et lui cède sa production pour quinze à vingt francs par jour. Cet hiver-là, Modigliani réalise sa première série de nus.

En mars 1917, il rencontre Jeanne Hébuterne au carnaval de l’Académie Colarossi dont elle suit les cours. Elle a dix-neuf ans. Elle devient sa compagne et s’installe avec lui dans un petit atelier que Zborowski leur a trouvé au 8 rue de la Grande-Chaumière. Le 3 octobre, Zborowski lui organise sa première exposition personnelle à la galerie Berthe Weill. Pour la préface du catalogue, Blaise Cendrars écrit un poème.

La santé du peintre se dégrade et le couple s’installe à Cagnes-sur-Mer, en compagnie de Soutine, Foujita, Léopold Survage, Anders Osterlind, Blaise Cendrars et Paul Guillaume. Jeanne donnera naissance à la petite Jeanne le 29 novembre 1918. En décembre 1918, Paul Guillaume organise une exposition qui rassemble des toiles de Modigliani, Picasso et Matisse. Modigliani peint beaucoup et connaît enfin ses premiers succès.

En 1919, son état s’aggrave mais il refuse de se soigner. Buvant désespérément, il erre de café en café. Le 24 janvier à 20 heures 45, il meurt à l’hôpital de la Charité d’une méningite tuberculeuse, à l’âge de trente-cinq ans. Jeanne, au neuvième mois de sa seconde grossesse, se réfugie chez ses parents. À l’aube du 25 janvier 1920, désespérée, elle se jette dans le vide du cinquième étage. Elle a vingt et un ans.