Nous étions toute une génération, des enfants du heder jusqu’aux étudiants talmudistes, 

épuisés par tant d’années à la seule analyse des textes.

Nous emparant de crayons et de pinceaux, nous avons commencé à disséquer la Nature, 

mais aussi à nous disséquer.

Qui étions-nous ?

Quelle était notre place parmi les nations ?

Qu’en était-il de notre culture ?

À quoi devait ressembler notre art ?

Tout cela s’ébaucha dans quelques petites villes de Lituanie, de Russie blanche et d’Ukraine pour 

se prolonger à Paris. (....) »

El Lissitzky, Rimmon/Milgroïm, n°3, Berlin, 1923