Pinchus KRÉMÈGNE
janvier 3, 2019
Zygmunt LANDAU
janvier 3, 2019

David-Michel KREWER (Aron, dit)

VILNIUS 1904 – DÉPORTÉ EN 1942

Krewer grandit dans une famille de musiciens. Son père enseigne le piano et le chant dans une école juive progressiste de Vilnius. L’enfant fait ses études en yiddish. À douze ans, il étudie le piano avec son père et s’intéresse à la sculpture. Sa première oeuvre représente un rabbin et trois élèves. Il sculpte pendant ses leçons d’allemand. Son professeur, enthousiasmé, lui conseille de continuer dans cette voie.

Krewer arrive à Paris en 1924 et se met à la peinture. À Montparnasse, il peint et dessine n’importe où et n’importe quand. Il suit les cours de l’Académie des beaux-arts puis ceux de la Grande Chaumière avec Antoine Bourdelle. On le surnomme « le petit Krewer ». Au Dôme puis à La Coupole, il discute longuement avec Charles Rapaport, penseur juif socialiste. Lorsque la guerre éclate, il est à Cachan dans son atelier. Ne croyant pas à la gravité de la situation, il se rend sans inquiétude à la convocation d’un commissaire de police qui le livre aux nazis. Il est interné au camp de Beaunela- Rolande. Malgré les difficultés de la vie au camp, Krewer continue à dessiner. Il ne se fait plus beaucoup d’illusions sur son sort et pourtant il écrit à sa mère qu’il va survivre à cet enfer et que tout se passera bien. Peu de temps après cette lettre, le 18 septembre 1942, il est déporté. Convoi no 34. Assassiné par les nazis.