Nathalie KRAEMER
janvier 3, 2019
Jacob KRAUTER
janvier 3, 2019

Roman KRAMSZTYK

WARSAW (POLAND) 1885 - WARSAW 1942

Roman Kramsztyk grandit dans une famille bourgeoise de Varsovie. Il étudie la peinture entre 1903 et 1904 à l’Académie des beaux-arts de sa ville natale et continue dans le studio du peintre Adolf édouard Herstein. Il entre ensuite aux Beaux-Arts de Munich où son père, pédiatre, l’envoie poursuivre ses études. Il expose pour la première fois au Salon d’automne à Paris en 1911 puis, dès l’année suivante, à Berlin et Barcelone. En 1913, il expose à Cracovie et rencontre un grand succès. Les dix années suivantes sont ponctuées de fréquents voyages en Pologne. Il s’y rend avec sa femme, la soeur du peintre Louis Marcoussis. Il est à Paris depuis quatre ans lorsque la Première Guerre mondiale éclate. Il quitte alors la France pour rejoindre la Pologne.

En 1918, il est à Berlin et retrouve Herstein, son premier maître. De retour en Pologne, Kramsztyk adhère en 1924 au groupe d’avant-garde Rythme. Il est le seul portraitiste du groupe. Il traverse une période de doute, remet en question sa peinture et quitte Rythme en 1932. Il change radicalement de style pour revenir à une peinture plus traditionnelle. Installé rue Denfert- Rochereau, il partage sa vie entre Paris et la Pologne, où il est devenu célèbre. Il exécute des commandes pour des industriels et des hommes politiques. Lié d’amitié avec Weissberg depuis qu’ils exposèrent pour la première fois au Salon d’automne, en 1925, il fait son portrait « à l’accordéon», et Weissberg en retour fait le sien.

À la mort de sa mère, en juillet 1939, il se rend à Varsovie, règle la succession et prévoit d’assister au mariage d’une nièce. Pris au piège, comme tant d’autres peintres et sculpteurs juifs, « il est enfermé dans le ghetto que les Allemands faisaient construire par les Juifs». Il exécute de nombreux portraits et se donne pour mission de peindre les atrocités dont il fut témoin à Varsovie et dans la vie juive du ghetto. Un carnet de dessins dramatiques dans leur réalisme a été retrouvé et est conservé en Israël. Il existe plusieurs versions de la mort de Kramsztyk, qui s’accordent sur l’essentiel : il fut « blessé mortellement par balles dans la maison où il logeait, parmi ses tableaux » (témoignage de Wladyslaw Szpilman) le 6 ou 10 août 1942, lors des opérations de liquidation du ghetto, « par un milicien ukrainien de la SS – sa mort est relatée dans l’ouvrage de Szpilman, Le Pianiste, qui inspira à Polanski le film de même nom. ». (Extraits de Weissberg, Catalogue raisonné, p. 62)