Isaac SCHONBERG
janvier 4, 2019
Raphaël SCHWARTZ
janvier 4, 2019

Zygmund SCHRETER (Zygmund Szreter, dit)

LODZ (POLAND) 1886 – PARIS 1977

La famille Schreter, établie depuis longtemps en Pologne, s’est éloignée des aspects traditionnels et religieux du judaïsme. Le père Max Szreter, fabricant en textile, demande à son fils de réaliser des dessins sur les tissus de sa production. Tel est le premier contact de Zygmund avec les arts plastiques. Sa mère lui enseigne la musique et il devient violoniste. Il étudie dans un lycée russe de Lodz et se fait remarquer par ses peintures. Il fréquente un cercle de jeunes amateurs d’art, dont le poète polonais Julian Tuwim, le musicien et chef d’orchestre Kletzki et le compo siteur Tansman.

En 1914, Schreter part pour l’Allemagne, à Karlsbad et, surpris par la Première Guerre mondiale, il se retrouve prisonnier civil russe. Les Schreter connaissent bien la langue allemande et l’utilisent plus souvent que le yiddish. En 1923, Zygmund Schreter étudie avec Martin Brandenburg et Lovis Corinth à l’académie libre de Levine Funke à Berlin. Il y fait la connaissance de plusieurs artistes qu’il retrouvera à Montparnasse. Durant ces années, Schreter vit surtout de son violon et joue avec l’Orchestre philharmonique de Berlin ou au Théâtre Max Reinhart. Parallèlement, il expose des aquarelles à Lodz en 1927.

À Berlin en 1929, il participe à une exposition organisée par la célèbre artiste allemande Ketti Kolvitz. Schreter arrive en France en 1934, s’installe à Cannes dans un premier temps, puis, aidé par le sculpteur Sébastien Tamari, rejoint Paris. Il loge au 36, avenue de Châtillon, derrière Montparnasse, où réside aussi la sculptrice Germaine Richier. Schreter passe les années d’Occupation dans son atelier, entouré de voisins qui assurent sa protection dont la famille Wladislaw qui tient le restaurant Wadia, rue Campagne- Première. Schreter est soutenu financièrement par un collectionneur de Buenos Aires qui lui achète régulièrement ses toiles. Certains de ses tableaux sont signés Szreter ou Zreter. Les années d’après-guerre sont jalonnées de voyages en Espagne, en Finlande, en Israël, en Suisse et aux États-Unis. À la mort de l’artiste en 1977, ses héritiers organiseront une exposition au musée national de Lodz.